vendredi 21 juillet 2017

Chez Eric et Nathalie


Un pied à terre parisien de 35 m2 pour Eric et Nathalie afin de prendre le pouls de la capitale, de faire le plein en expositions et pièces de théâtre, de profiter des amis et de la famille où tout simplement du temps qui passe.

Un appartement atypique où la fantaisie des angles et de la distribution l’emporte haut la main sur la logique et le rationnel.

C’est probablement cette poésie qui se dégage d’un lieu insoumis aux dictats de l’architecture contemporaine plutôt habituée aux cubes et aux carrés qui m’a guidée dans mes choix esthétiques et dans la réorganisation de l’espace.

Les murs font de la résistance et restent campés sur leur épaisseur mais, sans les brutaliser, nous changeons les règles de vie en nous adaptant aux contraintes :

Le couloir, véritable poumon de l’appartement, se dégage des placards encombrants pour laisser respirer la circulation et s’habille d’un jaune bouton d’or pour mettre en valeur la collection de chapeaux et les photos, souvenirs d’un périple au japon.

La chambre, légèrement en retrait et au calme sur cour, reste fidèle à elle-même, pièce de nuit. Un lit, un bureau d’appoint chiné, une collection de miroirs anciens et des couleurs pour réveiller le tout.

La salle de bain se transforme en dressing attenant à la chambre. Et expose sagement sa collection de boites pour trier et ranger.

La petite cuisine éloignée de l’espace de vie où l’on était comme dans un placard devient une salle de bain confortable et lumineuse à proximité des toilettes. L’esprit reste classique avec des carreaux métro bleu/gris et blanc et des carreaux aux motifs 1900. Douceur et discrétion.

Et surtout la pièce principale, de dimension modeste, bouscule les règles, se fiche des convenances : elle se transforme en grande cuisine spacieuse et en salon. Un plan de travail de 4 m de long qui se moque des kitchenettes habituellement dédiées aux petits espaces et déroule avec insolence son plan de granit sur toute la longueur de la pièce. En partie supérieure un meuble hybride, alternance de casiers et d’étagères, expose les livres, comme la vaisselle ou les objets d’art pour alimenter son statut ambiguë de cuisine/salon. La petite table ronde permet d’y prendre un café, de dîner ou de se poser pour écrire un mot. Le canapé avec son applique de Wo&Wé permet de lire et d’étaler ses jambes sur un pouf ou de recevoir ses amis autour de la table basse. C’est le coeur de l’habitation qui permet tout à la fois de se ressourcer et de se nourrir de rencontres, de lectures, ou de petits plats.

Un pied à terre parisien pour Eric et Nathalie, pensé comme un refuge sensible et métissé.

Vive la mixité et le mélange de genre. L’art de vivre s’invente tous les jours.










Linge de maison de la boutique Caravane, miroirs et meubles chinés, applique industrielle de Wo&Wé, gravures d'Anne-Marie Fiquet, dessins d'arbres de Sourena Parhizkar

vendredi 23 décembre 2016

Chez Bruno et Clémence

Voilà plus de 18 ans que Bruno et Clémence vivaient dans ce bel appartement parisien de 180 m2 sans jamais avoir trouvé le temps de refaire des travaux, ni pour l’adapter aux besoins de la famille qui s’était sérieusement agrandie, ni pour le réajuster à leurs goûts : manque crucial de placards, organisation dans la chambre des enfants à revoir, salle de bain ayant supporté les attaques de plusieurs dégâts des eaux et patine du temps qui s’installe.

Et puis, un jour, l’envie de réveiller le décor, de se faire un peu peur avec des couleurs étranges, de se faire plaisir avec des pièces d’artistes, de s’amuser à laisser les livres envahir les murs, d’ajuster la maison aux envies et aux besoins du moment pour une nouvelle tranche de vie.

Nous n’avons pas vraiment modifié l’appartement mais nous lui avons offert une nouvelle coupe et un habit de caractère.  La spécificité de cet appartement est le reflet des personnalités de Bruno et Clémence : des teintes marquées assez sombres et osées dans certaines pièces et des teintes claires, plus lumineuses dans d'autres. C’est un peu comme si la lune et le soleil se rencontraient. Bruno est un vrai littéraire qui aime s’entourer de ses livres et qui laisse une part belle au fantastique, à l'imaginaire et à l’extravagance, à une pointe de baroque. Les couleurs sombres et profondes lui vont bien. Clémence est plus épurée dans ses choix avec un goût plus prononcé pour le contemporain, le rayon de soleil qui illumine la pièce et le rire des enfants. Les pièces douces en couleur lui conviennent mieux.

Nous avons fait cohabiter dans cet intérieur des sensibilités très différentes qui puisent leur force justement dans l’acceptation et le respect mutuel de la singularité de chacun. 

Les murs racontent des émotions à coup de tableaux, de photos, de collages et de livres qui sortent des parois comme autant de fantômes qui habitent les lieux, et les meubles de famille ne se laissent pas enfermer dans un monde tourné vers le passé : ils côtoient sans tabou les classiques du design, les trouvailles ethniques et les coups de cœur rapportés de voyages pour s’inventer un univers personnel sensible, en dehors des frontières du temps.

Oeuvre de Alexeï Vassiliev de la série "Instants Troublées"


lustre de Lindsay Adelman, miroir en plâtre de Farfelu Farfadet


céramiques Le Sentiment des Choses, photos de Marie Taillefer, appliques Areti 



applique Wo & Wé dans la cuisine

canapé et bout de canapé Caravane ,collages de Lamia Zadié, table basse de Franck Evennou 



la cabane des jumeaux

mardi 8 novembre 2016

Just trying hard not to cry...

L'oeil et la plume de David Sipress dans The New yorker

dimanche 16 octobre 2016


Ne pas se préoccuper des tendances mais juste porter un regard qui transcende le temps pour capturer ce souffle de modernité qui ne cesse de se réinventer.


A droite détail d'une peinture de Dirk Bouts vers 1410 au Musée des Beaux-Arts de Bruxelles
poulaines noir corbeau et collant marsala sur un sol aux motifs géométriques dans des tons subtils d'automne

A gauche le 21 septembre 2016 chez Fred et Sarah dans la chambre d'amis au sol peint en dallage blue & white, les jambes sans fin d'Elodie dans des bottines Repetto vermillon et un collant bleu orage prête à attaquer une partie de golf stylée. Photo de Pauline Ringoot 

Merci à Pauline et Elodie pour cette séance photo joyeuse

dimanche 2 octobre 2016

la salle de bain de Yann et Sylvie

Tranquillement la maison de Yann, Sylvie et des lutins poursuit sa mutation. Après la cuisine c’est au tour de la salle de bain parentale. Carte blanche pour cette pièce vitale à la croisée des chemins qui mènent aux chambres des petits et grands. Pas de contrainte particulière sinon que Yann souhaitait une touche de contemporain et Sylvie une atmosphère douce s’intégrant naturellement à cette maison ancienne. C’est la salle de bain qui donne le « la » pour la journée comme pour la nuit et avec 3 enfants, elle porte une lourde responsabilité pour partir du bon pied. Afin de conjurer le sort nous avons décidé de lui donner une couleur de ciel dégagé sur la partie supérieure des murs comme du plafond. Et de faire vibrer toutes les nuances du marbre pour calmer notre ciel dégagé et lui donner une pointe de vulnérabilité. Les paniers de linge, les serviettes, les produits de beauté se cachent dans un meuble fait sur mesure dans l’esprit des meubles de métier. Le plan de travail en granit repose sur 2 pieds en bois tourné pour donner de la légèreté à l’ensemble. Les 2 miroirs Morning aux contours irréguliers s’amusent du reflet des arbres dans le jardin. Les radiateurs contemporains donnent la pointe de modernité avec les carreaux graphiques au sol en black and white de chez Bahya. Le grand miroir entouré de faïence étire la pièce et les patères Muuto  s’accrochent au mur comme des bijoux.  Il suffit d’ouvrir grand les fenêtres et de chanter à tue-tête sous la douche pour que cette salle de bain prenne toute sa dimension.







Romain et Flore sont très contents de la nouvelle salle de bain : ouf !

dimanche 25 septembre 2016

La chambre d'Eléonore. 
Un article sur la couleur dans le dernier Art et Décoration du mois d'octobre. Merci à Céline Hassen et à Olivier Hallot

Un grand MERCI à Elle Décoration, au photographe Stephan Julliard et au journaliste Ian Phillips







samedi 6 août 2016

Chez Isabelle et Jean-Marc

Imaginer un appartement est un exercice assez naturel et spontané. Suivre le chantier, lorsque le travail a été bien organisé en amont est certainement chronophage mais se fait sans difficulté, surtout lorsque les équipes vous connaissent et savent à l’avance vos exigences. Ce qui est parfois beaucoup plus compliqué dans nos métiers, est la gestion humaine : gérer l’angoisse des clients, leurs doutes, et tout particulièrement les revirements. Marcher comme un funambule sur la fragilité de leurs sentiments tout en préservant une vision est un exercice périlleux. Le pied à terre de 18 m2 a cristallisé beaucoup d’anxiété mais au final la mutation de l’appartement-cocon s’est faite avec un happy end.

D’un appartement banal, n’ayant pour seuls atouts que sa localisation dans un quartier sympa du 9ème arrondissement et un bel immeuble, nous avons fait un intérieur très personnel  qui s’habille de couleurs sombres -kaki et brun-  pour mieux se jouer des lumières. La cuisine, trop petite pour prétendre à sa propre pièce, ouvre sur le salon et a été conçue comme un tableau avec son cadre noir et la mise en scène de la vaisselle grâce au grand casier et aux cubes. Le coin bureau offre un rangement sous le plan de travail et quelques étagères pour les livres et objets. La banquette, se transforme une fois la nuit venue en lit de 180 cm de large. Et les oeuvres s’exposent sur une cimaise qui court le long du mur.

Le miroir ancien sur la console reflète les toits parisiens pour donner de la profondeur au salon.

L’entrée avec ses rangements et les patères permet de se délester de la vie extérieure pour retrouver une harmonie intérieure.

Un fil brun s’amuse à ganser les murs, les rideaux et les carreaux, pour donner un peu plus de relief aux couleurs. Et le sol du couloir se transforme en tapis imaginaire peint en trompe l’oeil dans les couleurs du mur. 

Jeux de lumières, intensité des couleurs et perspectives font penser aux peintures flamandes.

Une cabane délicate et poétique.







vendredi 3 juin 2016

La Maison de Neauphle-le-Château

"Le lieu de l'utopie même c'est la maison créée par la femme, cette tentative à laquelle elle ne résiste pas, à savoir d'intéresser les siens non pas au bonheur mais à sa recherche.
J'ai pensé très longtemps à acheter une maison.
J'y ai souvent pensé.
J'y ai pensé jusqu'à la douleur certaines nuits. 

Ce sont des choses à quoi les femmes pensent beaucoup, des années, et qui font le lit de leur pensée quand les enfants sont petits : comment leur éviter le mal."

Marguerite Duras, La Vie Matérielle 

dimanche 22 mai 2016

« Time stands still in this timeless place »



Une maison hors du temps. Quel beau compliment ! Une maison hors du temps, est une maison qui a fugué, n’est-ce pas ? Pour trouver son propre chemin intérieur et se réfugier dans une utopie. Elle se dévoile par son parfum, par le jeu de lumières dont elle est le théâtre, par sa petite mélodie, par son jeu subtil de couleurs, par les secrets qui se cachent dans chaque recoin, par les émotions qu’elle a su capturer et dont elle vibre. Rien à voir avec le beau, juste un équilibre fragile comme un battement de coeur.